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19/09/2013

Crise au PDCI / Bombet parle enfin : « Préservons l'unité du parti »

PDCI.jpgSous peu, le PDCI-RDA s'honorera du privilège exceptionnel d'organiser son 12ème congrès ordinaire. Ce congrès se tient dans la 67ème Année de l'existence juridique de notre Parti; ce qui est un record, tout à l'honneur des Pères fondateurs qui ont su sceller un socle solide sur lequel reposent les fondements de notre appareil politique; appareil politique, faut-il le souligner, fondateur de la Côte d'Ivoire moderne.


 

Cette longévité exceptionnelle, au regard de l'environnement politique Africain, est un gage de maturité, quand l'on sait les remous et autres contingences qui jalonnent l'itinéraire d'un Parti Politique. En considération de ce qui précède, tout observateur averti ou non, est en droit d'attendre du PDCI, un exemple de cohésion, de rigueur d'approche et de référents démocratiques, en cette période de balbutiements de la Nation Ivoirienne, engluée depuis plus d'une décennie, dans des crises à répétitions.

Or, à quoi assistons-nous? Malheureusement, il nous est donné d'assister à une « Guerre de tranchées », à un moment où, de par l'antériorité du PDCI­RDA, l'immense majorité des Ivoiriens et les nombreux amis et sympathisants de notre famille politique attendent de nous, une contribution salvatrice pour cette Nation, meurtrie par des approches qui ne font qu'accroître la fracture sociale déjà criarde!

Comment expliquer autrement, ce balbutiement et ce désordre procédural qui caractérisent la préparation de notre Congrès, au point de donner de notre Parti, l'image d'un amateurisme le plus rétrograde; semant ainsi le doute dans l'esprit de notre vaillante jeunesse, levain incontestable de la vitalité de tout Parti Politique?

A la vérité, le PDCI-RDA est à la croisée des chemins, à force d'occulter le vrai débat, suite à l'humiliation du premier coup d'Etat de l'histoire politique de notre Pays après 39 Ans de gestion d'un Etat souverain. De tout ce qui précède, la question fondamentale à nous posée face aux réalités socio- politiques est de savoir si nous croyons à l'autonomie et à la capacité de notre formation politique à prendre des décisions dans l'intérêt bien compris de la Nation Ivoirienne; ou alors, nous contenter de nous agripper à des problèmes de personnes, et nous satisfaire d'un suivisme aveugle pour des intérêts mercantiles?

De 1958 à 1999, soit 41 Années consécutives, les Gouvernements successifs issus du PDCI-RDA ont façonné l'armature Administrative, Juridique, Politique, Economique, Sociale et Sécuritaire de la Côte d'Ivoire. Toute modestie mise à part, le Cadre administratif, juridique et réglementaire de la Côte d'Ivoire était l'un des plus performants de la Sous-région. C'est dire que notre Parti regorge d'expertises en tout domaine d'activités d'une Nation moderne. Pourquoi alors toutes ces compétences qui ne demandent qu'à servir, ne sont elles pas rationnellement valorisées?

Ici encore, demeure une autre question de fond qu'il serait malhonnête d'occulter, en nous attachant à des considérations rétrogrades, portant notamment, sur la vision étriquée de l'ethnicité, allant outrancièrement aux antipodes de la vision Houphouëtiste, dans une Nation dont la force réside justement dans sa diversité culturelle. Dans la mesure où les échéances qui se profilent à l'horizon doivent conditionner l'avenir de notre Pays, donc particulièrement de sa jeunesse, notre plus grande richesse, il serait suicidaire de persister dans le silence, même si celui-ci a été, à un moment de notre existence, bénéfique.

D'où, la nécessité de cette contribution, d'abord par gratitude à l'égard de cette forte majorité de militants de notre grand Parti, qui, en dépit de notre silence et de notre réserve, nous ont toujours fait l'honneur de leur amour et de leur solidarité, et ensuite, les Ivoiriennes et les Ivoiriens, ô combien nombreux, qui, dans l'anonymat, n'ont de cesse de nous témoigner de leur sincère amitié.

De fait, parler de l'avenir du PDCI-RDA, c'est projeter l'avenir de la Côte d'Ivoire, les deux entités étant intimement liées! Qu'il suffise tout simplement de mesurer la ramification de ce Parti dans l'espace national et les attentes des Ivoiriens de manière indifférenciée à l'égard du PDCI pour s'en convaincre.

C'est dans cette saine optique qu'il conviendrait de situer les interpellations sans cesse réitérées de la jeunesse de notre Parti à l'égard des aînés que nous

sommes, et qui avons l'impérieux devoir de transmettre en douceur, le témoin, dans l'intérêt bien compris de la Côte d'Ivoire, tout en préservant l'indispensable complémentarité générationnelle.

Une telle démarche passe forcement par le strict respect de la légalité. Or, qui mieux que le PDCI-RDA, est-il attaché dans ce Pays, au respect de la légalité? Si l'on admet que le Parti est par excellence le creuset de la démocratie, il va sans dire que la conduite des Affaires Nationales n'est tout autre que la résultante de l'approche à la base qu'est le Parti.

En clair, la bonne gestion des Hommes et des Femmes qui composent un Parti politique augure de la bonne gestion de la Nation. Les exemples sont légion de par le monde pour que nous restions sourds aux appels réitérés de la jeunesse, espoir d'une Nation.

C'est ici, le lieu de traduire en actes et en vérité, les principes fondateurs de l'héritage que nous revendiquons tous: l'Houphouëtisme !

Le tout premier de ses actes est l'humilité d'accepter de reconnaître que nous n'avons pas su maintenir le cap du rassemblement et de l'unité indispensables au maintien du dynamisme de notre famille politique; car le « diviser pour régner » a ses limites dans un espace démocratique et ses conséquences dramatiques à terme.

Le second acte, aussi fondamental, serait de nous rappeler sans faux-fuyant que le Père fondateur du PDCI-RDA était entre autres, un adepte acharné du Dialogue, l'arme du plus fort, comme se plaisait-il à le souligner.

Le dialogue étant l'un des déterminants du lègue que tout Houphouëtiste se doit d'assumer, de pratiquer et de propager, est-il besoin d'insister sur la nécessité d'un apaisement interne de notre famille politique par une réconciliation des cœurs dans une approche plus fraternelle et plus sincère de nos communes préoccupations?

En effet, comment notre Parti peut-il apporter son indispensable contribution à la réconciliation de la nation qui en a tant besoin, lorsqu'il affiche une image désuète d'une famille divisée, incapable d'aller à l'essentiel par la voie de la concertation; étalant ainsi à la face du monde ses divergences et ses contradictions internes ?

Le troisième acte, complémentaire des deux précédents, c'est la faculté d'adaptation de ce Parti à l'évolution du temps. Cela doit se traduire par l'instauration de libres débats en interne, tout en restant conforme aux textes qui régissent notre Parti. Ce qui éviterait le recours à des résolutions mécaniques, dépouillées de toute sincérité et néfastes à terme pour la cohésion indispensable de la famille politique.

Enfin, la prise en compte des réalités qui ponctuent notre environnement politique et social, et non des thèses souvent intéressées des courtisans, préoccupés uniquement par les soucis de préservation des privilèges.

En effet, comment comprendre, dans bien des cas, la quasi négligence des structures officielles du Parti au profit des clubs de soutien qui sont légion? Rappelons-nous notre passé immédiat et n'oublions pas que les mêmes causes produisent les mêmes effets!

Aussi, n'est-il pas surfait de nous armer de courage et de détermination pour emprunter la voie de la démocratie interne en vue d'asseoir les bases d'un PDCI plus solidaire et plus conquérant. Ce faisant, nous aurons mérité cet héritage

d' Houphouët-Boigny qui ponctue la trame de bon nombre de directives, si ce ne sont toutes, relatives à la conduite des affaires de ce Pays.

La complémentarité générationnelle ayant toujours constitué la sève vivifiante de ce Parti, il ne serait point incongru de suggérer, au regard du climat qui caractérise la préparation du Congrès, le 12ème du genre, qu'il soit fait appel à nos illustres Doyens, dont la sagesse est connue de tous, afin d'aplanir les quelques divergences qui émaillent notre cheminement vers ce congrès, dont l'ultime but doit être le renouveau d'un PDCI conquérant!

Oui, cela est possible, dans l'intérêt bien compris de notre nation en peine; ce qui doit nous amener à désarmer nos cœurs et nos plumes, à mettre un terme aux invectives et à recourir à la tolérance et au respect mutuel.

En effet, il est de notoriété que l'on ne se bat pas au chevet d'une mère malade Notre Pays, cette Côte d'Ivoire qui est encore dans la tourmente, a plus que jamais besoin de la sagesse de chacun et de tous, pour recouvrer sa sérénité, sa cohésion, sa fraternité, son culte légendaire de la paix, son hospitalité, sa vigueur et son dynamisme.


Emile Constant BOMBET

Vice-président du Pdci-Rda 

14:01 Écrit par SYLLA dans ACTUALITÉ NATIONALE | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

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